NOUVEAU ANTISEPTIQUES MICROENCAPSULES

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La flore bactérienne constituant la plaque dentaire est le facteur étiologique principal des maladies parodontales. L’accumulation des bactéries commensales formant le biofilm puis leur conversion vers des souches plus agressives, induisent des destructions tissulaires directes (par les enzymes et toxines bactériennes) et indirectes (par la réaction inflammatoire associée). Certaines souches bactériennes sont d’emblée particulièrement nocives pour les tissus gingivaux (ex : Porphyromonas Gingivalis, Treponema denticola…).

Il s’agit le plus souvent d’une infection entretenue liée à l’organisation et la maturation du biofilm bactérien face aux tissus de l’hôte. Toutefois, c’est le réponse de l’hôte qui détermine au final le caractère plus ou moins destructeur de l’agression bactérienne : la maladie parodontale, bien que d’origine infectieuse, est avant tout une pathologie
de terrain [1].

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En dépit de recherches importantes, les thérapeutiques de ces affections demeurent assez limitées : il s’agit en priorité d’éliminer le facteur étiologique déclenchant (principalement la flore bactérienne) par des moyens mécaniques (brossage, détartrage, surfaçage…) et chimiques (gel , bain de bouche, dragées a sucer) [1].

Les bains de bouche associés aux traitements conventionnels offrent une antisepsie temporaire. Ils permettent la détersion des plaies et l’élimination chimique non sélective de la flore bactérienne (chlorhexidine, triclosan, chlorure de cetylpyridinium, etc.) [2]. Des antibiothérapies locales et générales sont utilisées en cas d’infection aigüe (minocycline, metronidazole…).
Ces traitements peu spécifiques déséquilibrent toutefois l’écosystème oral, ce qui implique des durées de traitement limitées. Ces approches peu spécifiques sont agressives vis-à-vis d’un milieu buccal complexe et sensible à toute déstabilisation. Afin de traiter le terrain, et de rééquilibrer le milieu buccal de nombreux autres extraits naturels
ou non sont répertoriés. On peut citer par exemple : les insaponifiables d’avocat (effets modulateurs de l’inflammation et cicatriciels), le Tea Tree oil (fortement antiseptique), la Propolis(extrait de cire d’abeille, antiseptique et anti-inflammatoire), l’extrait de pépins de pamplemousse (forts effets antioxydant, tampon et antibiotiques), le coenzyme Q10 (très antioxydant et transporteur d’énergie). La problématique réside dans l’association de ces actifs complexes sans les dénaturer ainsi que leur délivrance in situ : la solution réside dans la MICROENCAPSULATION.

 

LA MICROENCAPSULATION : protection et délivrance efficace des principes actifs
Pour exercer une activité thérapeutique, les principes actifs, tels que ceux composant les extraits naturels d’un bain de bouche, doivent atteindre leur cible (tissus de l’hôte et biofilm bactérien) et y demeurer assez longtemps (rémanence).

L’ absence d’une solution efficace à ce problème de distribution/application contraint à préférer l’usage de bains de bouche plus agressifs afin d’obtenir une diminution immédiate de la charge bactérienne.
La microencapsulation permet de conjuguer des composés très différents sans les altérer et d’obtenir un relargage
des principes actifs sur le site durant plusieurs heures. Plusieurs techniques de microencapsulation ont été développées par l’industrie pharmaceutique : on retrouve des capsules délimitées par une ou plusieurs doubles couches phospholipidiques, à la manière des liposomes [3]. La composition biochimique des capsules leur confère des propriétés de dispersion hydrolipidique efficace dans la cavité buccale : ces capsules se répartissent indifféremment dans les environnements hydrophiles et hydrophobes, au contact des épithélia muco-gingivaux et des biofilms bactériens.
De plus, les tensioactifs cationiques qui constituent les parois de ces capsules permettent une bio adhésion aux surfaces muco-gingivales, et nécessitent plusieurs heures pour se désagréger : les principes actifs sont ainsi délivrés sur les tissus cibles de manière entretenue pendant ce laps de temps. Cette forme de vectorisation des principes actifs offre aux molécules thérapeutiques une bonne pénétration tissulaire et un relargage progressif.
Sans cette rémanence localisée qui démultiplie leurs effets, les concentrations globales des composants de Ginginat® auraient les effets intéressants mais limités que l’on connaît avec d’autres bains de bouche aux huiles essentielles.

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Adhésion des microcapsules sur la muqueuse buccale, 1 heure après un rinçage en bain de bouche.
(Microscope électronique à balayage, les microcapsules visibles font environ 2 microns de diamètre)

Les effets recherchés et obtenus avec la technique Ginginat® sont multiples :un effet antiseptique : effet antibactérien très fort sur au moins cinq souches bactériennes très agressives dans les affections parodontales [4] : un pouvoir tampon (régulation pH) et un effet antioxydant démontré in vitro [5,6] : un effet immunorégulateur, démontré in vitro [7] et in vivo [8, 9], permettant de limiter les destructions provoquées par l’inflammation chronique des tissus buccaux n un effet antalgique et surtout cicatriciel démontré in vivo [8, 9]

 

RÉSULTATS CLINIQUES

Ces produits ont été testés avec succès dans le traitement des gingivites .Ils sont très efficaces comme complément aux phases initiales de traitement des parodontites chroniques. Ils sont utiles dans le traitement post chirurgical en implantologie et parodontie. Ils améliorent le traitement de l’ halitose et sont efficaces contre certaines lésions ponctuelles de la sphère orale (aphtes, lichens). Ils traitent la pathologie infectieuse et inflammatoire en profondeur et de manière progressive, favorisent la cicatrisation et maintiennent le résultat en régulant le terrain et l’équilibre du milieu buccal.

 

CAS CLINIQUE

page2image27249712   T0 : parodonte inflammatoire

page2image27249504  T21 : après 7 jours de cure Ginginat®, suivis de curetage/surfaçage et d’une nouvelle cure Ginginat® de 15 jours ; aspect parodontal assaini

 

RÉFÉRENCES

[1] Kinane DF, Mark Bartold P. Clinical relevance of the host responses of periodontitis. Periodontol 2000 2007;43:278-93.

[2] Renton-Harper P, Addy M, Moran J, Doherty FM, Newcombe RG. A comparison of chlorhexidine, cetylpyridinium chloride, triclosan, and C31G mouthrinse products for plaque inhibition. J Periodontol 1996;67:486-9.

[3] Mura S, Pirot F, Manconi M, Falson F, Fadda AM. Liposomes and niosomes as potential carriers for dermal delivery of minoxidil. J Drug Target 2007;15:101-8.

[4] Lee SW, et al, Microencapsulated natural extracts in oral care solutions and gels. Part 2: in vitro antibacterial properties.

[5] Mouhyi J, Del Corso M, Hippolyte MP, Sammartino G, Dohan Ehrenfest DM. Mouthwash solutions containing microencapsulated natural extracts: In vitro evaluation of antioxidant properties (dental plaque and gingivitis). Rev Stomatol Chir Maxillofac. 2010;111(3):140-3.

[6] Dohan Ehrenfest DM, Vervelle A, et al. Microencapsulated natural extracts in oral care solutions and gels. Part 3 : in vitro antioxidant properties.

[7] Dohan Ehrenfest DM, Vervelle A, et al. Microencapsulated natural extracts in oral care solutions and gels. Part 4 : in vitro immune-modulatory properties.

[8] Lemo N, Vervelle A, et al. Microencapsulated natural extracts in oral care solutions and gels. Part 5 : wound healing effects in a rabbit model.

[9] Del Corso M, et al. Microencapsulated natural extracts in oral care solutions and gels. Part 6: clinical results.

[10] Vervelle A, Mouhyi J, Del Corso M, Hippolyte MP, Sammartino G, Dohan Ehrenfest DM. Mouthwash solutions with microencapsulated natural extracts: Efficiency for dental plaque and gingivitis, Rev Stomatol Chir Maxillofac. 2010;111(3):148-51.

[11] Mouhyi J, Del Corso M, Hippolyte MP, Sammartino G, Dohan Ehrenfest DM. Mouthwash solutions containing microencapsulated natural extracts: Clinical results on dental plaque and gingivitis, Rev Stomatol Chir Maxillofac. 2010;111(3):144-7.

[12] Stoeken JE, Paraskevas S, van der Weijden GA. The long-term effect of a mouthrinse containing essential oils on dental plaque and gingivitis: a systematic review. J Periodontol 2007;78:1218-28.